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September 24, 2013 / Anne-Marie et Genevieve

Ritalin pas toujours nécessaire

image TVA nouvelles

Voici un article paru dans Le Soleil le 22 septembre dernier par Yves Dalpé qui nous a interpellé car, bien que le Ritalin aide dans certains cas, il faut se demander si cette solution médicamenteuse est la plus appropriée sur le long terme …

L’année scolaire vient de commencer. Bientôt, beaucoup de bons parents accepteront la suggestion du Ritalin ou autre psychostimulant pour aider leurs enfants souffrant du trouble du déficit de l’attention et de l’hyperactivité (TDAH). Ils penseront comme la plupart des gens qu’il n’y a pas d’autres avenues. Mais j’ai de bonnes nouvelles pour vous. En effet, il est maintenant prouvé qu’on peut intervenir efficacement auprès de ces enfants sans médicament.

Dans le numéro de février 2013 de la revue Monitor (publiée par l’Association des psychologues américains), on consacre un article sur cette question en informant le lecteur sur les méthodes non pharmacologiques du traitement du TDAH. Les informations suivantes sont principalement tirées de cette source. Elles sont d’autant plus intéressantes que la plupart des gens croient que le TDAH est une «maladie» génétique qui ne se traite que par des médicaments.

L’auteure, Rebecca Clay, explique d’où vient le biais en faveur de cette approche pharmaceutique. En 1999, une importante recherche publiée dans la revue Archives of Psychiatry avait conclu que le traitement médicamenteux exclusif du TDAH était meilleur qu’un traitement comportemental intensif exclusif ou même qu’une combinaison de médicament et de traitement du comportement. Le corps médical s’empara de ce résultat et courut avec, commente l’auteure. Cependant, depuis ce temps, plusieurs recherches ont démontré que quelques mois après la fin des différentes modalités de traitement, il n’y avait plus de différences significatives dans l’efficacité. Autrement dit, il est faux de prétendre que le Ritalin est nécessaire.

En 2009, le chercheur Fabiano a passé en revue 174 recherches différentes pour conclure que le traitement du TDAH sans Ritalin était hautement efficace en se centrant sur le comportement des enfants. Et, croyez-le ou non, le problème se résout souvent en faisant faire plus d’exercice aux enfants et en les faisant dormir juste un peu plus! Des cours sur ce sujet à l’intention des parents donnent d’excellents résultats. On leur enseigne, par exemple, comment récompenser les comportements positifs de leurs enfants au lieu de leur donner de l’attention seulement quand ils sont inadéquats. Des psychologues peuvent aussi enseigner aux familles comment identifier les vraies raisons qui amènent les enfants à s’engager dans les comportements inadéquats du TDAH et ainsi les parents peuvent rectifier le tir.

On a conçu aussi des programmes de formations s’adressant aux professeurs pour leur apprendre comment se comporter en classe avec ces enfants. Il existe aussi des programmes de loisirs thérapeutiques comme des camps de vacances dans lesquels les enfants souffrant du TDAH font du sport ou se consacrent à différentes activités tout en profitant d’interventions thérapeutiques pour améliorer leur comportement. Tout ceci sans médicament.

Selon les résultats des recherches, même quelques minutes d’activité physique peuvent aider les enfants affublés du TDAH à ignorer les distractions, à rester attentifs à leurs tâches et à améliorer leurs résultats scolaires! Et c’est gratuit, comme le sommeil d’ailleurs… Même une demi-heure de sommeil supplémentaire par nuit peut faire une grosse différence en terme de comportement. Au contraire, le manque de sommeil amène chez les enfants des pleurs, des crises de colère, et de la frustration.

D’après ce que je comprends, le Ritalin ou son substitut impressionne certains parents parce que cette drogue donne parfois des résultats immédiats spectaculaires. Mais ce que ces parents ignorent c’est que cette solution ne va pas à la source réelle des problèmes de l’enfant et de son environnement social. L’idée pernicieuse sous-jacente aux médicaments c’est que les difficultés comportementales seraient attribuables exclusivement à des défectuosités biologiques. La réalité est plutôt l’inverse, c’est-à-dire que des situations environnementales défavorables engendrent des modifications biologiques, lesquelles sont heureusement réversibles.

Je ne veux pas inquiéter les parents outre mesure, mais il y a des inconvénients à consommer ces médicaments. Plus de 4 % des enfants nord-américains et peut-être 15 % des jeunes québécois consomment ces produits alors que la communauté scientifique s’inquiète de leurs effets à long terme. Je lis régulièrement des mises en garde à ce sujet depuis plusieurs années. Par exemple, déjà en 1991, le psychiatre américain Breggins, ex-professeur à la Faculté de médecine de Harvard, s’élevait contre cette pratique néfaste d’administrer ces psychostimulants aux enfants et aux adolescents et en révélait les graves inconvénients.

Malheureusement, je ne sais pas ce qui se fait au Québec en matière de traitement du TDAH sans médicament. Cela semble rare. Je comprends donc les parents qui cherchent des solutions aux difficultés parfois désespérantes de leurs enfants. Il serait urgent de mobiliser un grand nombre de professionnels intervenant sans médicament auprès de ces enfants.

Source : http://www.lapresse.ca/le-soleil/vivre-ici/coin-du-psy/201309/21/01-4691864-le-tdah-se-traite-sans-ritalin.php

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One Comment

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  1. mamcanaris / Sep 25 2013 12:29

    merci pour cette article

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